WHO THE F*CK IS THE AUTUMN GIRL?

Enquête sur la femme qui envahit nos feeds chaque 1er septembre.

Que se passe-t-il en septembre ? Qu’a donc ce mois de si particulier pour marquer une rupture si brusque que j’ai l’impression d’être rentrée dans un autre espace temps ? Ma théorie ? La faute à l’Autumn Girl, cette femme qui fait irruption, ponctuelle comme la rentrée, dans mon feed et mon subconscient. Elle est emmitouflée dans un gros pull, en jupe longue et bottes hautes, elle porte un long manteau et une fine écharpe, peut-être un bob crocheté. Elle a le port altier de celle qui n’a pas encore à rentrer la tête dans les épaules pour échapper au froid mordant de l’hiver. C’est tout ce que j’ai en tête, cette femme qui porte des outfits confortables et chic. Mieux, dans mon cerveau, je suis elle. Et je sais, JE SAIS, que nous sommes nombreuses à avoir à peu près la même version de cette femme qui occupe nos têtes dès le 1er septembre. Qui est-elle et que fait-elle là ? Les contours sont flous, elle a plusieurs visages et elle est indissociable de l’image des feuilles qui tombent et de cette sensation de confort général, d’odeurs rondes et de couleurs chaudes.

Lorelai, Monica, Andy et Sally

Impossible de nier l’existence du vivier immense de références pop culture, notamment cinématographique, de l’Autumn Girl. Gilmore Girls, Friends, Le diable s’habille en Prada, Quand Harry rencontre Sally… pour ne citer que les plus connues. Je pense mini-écharpes, chapeaux, manches qui descendent sur les mains, je pense marron, textures, velours, cachemire et layering, je pense manteau afghan. Toutes ces obsessions qui s’entassent dans mon crâne ne sont pas sorties de mon brillant esprit mais m’ont clairement été offertes par Lorelaï, Monica, Andrea et Sally. Mais qu’ont de si spécial ces personnages fictifs outre la période à laquelle je les assimile ? Si leur sens du style est toujours aussi objectivement excellent les autres mois de l’année, leur garde-robe d’automne offre une profondeur supplémentaire de lecture. Le manteau se fait armure, l’écharpe est un cocon et le pull douillet un câlin à soi-même.

L’animal social de la saison

Si on réfléchit à nos feeds insta, chaque saison fashion a son animal social. Alors que la Summer Girl n’est qu’amitiés, expériences sociales, flirt, bars et restaurants, la femme automne is giving introspection, indépendance, auto-suffisance, suffisance tout court coincée dans son long manteau de mi-saison. D’ailleurs, beaucoup de mes copines la connaissent et la rencontrent à chaque rentrée. Invariablement, à la fin de l’été, les mêmes inspirations reviennent sur nos réseaux et si la mode varie, le mood reste intact. La femme automne écrit sa lettre Substack seule derrière son ordinateur, dans son superbe appartement qu’elle a aménagé comme une reine, elle rentre chez elle le soir pour manger du potimarron rôti et boire une tisane devant un documentaire. La femme automne prend le temps, elle est encore bronzée, en pleine forme et déterminée à faire de cette année la sienne.

Moi, chaque 1er septembre en train de potasser mon inner Autumn Girl.

Le vrai nouvel an

Parce que le vrai début d’année réside en ce 1er septembre. La déesse vitamine D est globalement tombée sur tous, nous sortant de l’état de léthargie et d’abattement dramatique de fin d’hiver, le cerveau a eu son shoot de dopamine, le visage a repris forme humaine et quitté son teint cadavérique, le rythme a ralenti et le cerveau avec, les stylos sont neufs et en plus on change doucement de garde-robe. Le cerveau, le corps et l’humeur se sont remis à zéro. Ça, c’est un vrai début d’année. Ce moment où on est assez en forme et motivé globalement pour prendre un nouveau départ, faire le point sur ses objectifs et ses résolutions et mettre en place un plan d’attaque. L’impulsion vient de moi, elle est biologique et non dictée par une date sur le calendrier qui appelle à tout sauf aux bonnes résolutions. QUI, le 1er janvier, après avoir déjà vécu 3 mois de froid, dépensé son dernier salaire en cadeaux de Noël, mangé son poids en chocolat, traversé le mois de décembre au bureau; QUI est apte à respecter ne serait-ce qu’une micro-décision ? Pas moi.

Née d’Instagram ?

Et peut-être que l’Autumn Girl n’existerait pas dans un monde où je ne consommerais pas des centaines d’images au quotidien. Est-ce que ma mère ou mes grands-mères avaient ce craving de cette version d’elle qui renaît post coups de soleil ? Pas sûre mais elle a l’avantage de coïncider parfaitement avec un cycle interne. Je suis une Summer Girl mais l’automne est la seule saison qui prend possession de tout mon être. L’Autumn Girl m’obsède tant parce qu’elle représente mon opportunité de devenir ma femme idéale; elle a mon visage, ma garde-robe et mes rêves et je m’apprête à en faire ma meilleure amie.

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